J’ai d’abord trouvé ça ringard ; ça sonnait comme un vieux disco, et le fait de marcher involontairement en rythme me mettait mal à l’aise face aux éternels dévisageurs. Et puis il y a eu comme une fumée envoutante ; encore maintenant, je suis persuadée que l’instant a duré le temps d’une douche brûlante.

Cette gare cache dans ses carreaux des moments doux/fous d’autrefois. J’imaginais alors prendre un de ces voyageurs par la main pour partir valser au milieu des quais. J’éprouvais la même sensation que lorsque je tourne un peu trop vite sur moi-même ; euphorie semblable à un raz-de-marée qui te fait éclater de rire sans raison. Une pression sourde s’exerce alors, partant d’abord de la tête pour venir pincer ensuite les doigts. Près de la nuque, un frisson dont le bruit évoque un jus d’orange pétillant se fait sentir.

“Train à l’approche.”