Je revois des traînées de peinture dans un verre d’eau. Des après-midis avec les copains, passés sous la pluie d’une fin d’hiver (le quartier est gris, la journée au collège est finie). Les conversations adolescentes près de l’abribus ; de fins points de lumières venant éclairer la nuit par petites touches (je me remémore ces moments où, après avoir fini mes cours, j’apercevais dans le bus ce grand “jeune”, de style un peu gothique, peu commun). Les décorations de fin d’année fleurissant sur les façades des bâtiments et les lampadaires.

Des images éparses qui me retournent chaque fois l’estomac et me renvoient à ce manque que je semble fréquemment ressentir. Une envie de se blottir dans ces souvenirs réconfortants mais qui ne voudraient pourtant plus rien dire aujourd’hui ; je sais bien que “la boucle est bouclée”. Pourtant, je cours sans cesse vers ce passé qui m’a semblé grand, espérant que le futur ait lui aussi un sens.